Les larves, une solution pour une alimentation durable ?

Produire des poudres protéinées à partir de larves de mouches en valorisant les déchets et co-produits organiques. C’est le projet d’Everfly, une start-up installée au Controis-en-Sologne au sein de l’incubateur Village by CA – Food Val de Loire.

Par Jean-Luc Vezon

Issa Mourifie et Miguel Leis, associés Everfly, présentent les larves de mouches qui seront valorisées en protéines alimentaires et engrais. Photo Jean-Luc Vezon.

L’entomoculture ou élevage d’insecte pour l’alimentation humaine ou animale connait un développement important ces dernières années. Certains y voient le moyen de nourrir l’humanité confrontée à une limitation des ressources agricoles. Criquets et vers de farine sont par exemple des aliments autorisés par l’UE.

« Nous collectons auprès de nos partenaires agriculteurs et agro-industriels des co-produits organiques que nous valorisons sous forme de substrat dans l’alimentation de larves de mouches soldats noires. Ces larves constituent une source de protéine que nous destinons à l’alimentation animale et à l’aquaculture. Les déjections de ces larves appelées Frass constituent un engrais organique valorisé dans la filière agricole dans une approche circulaire », explique Issa Mourifie, co-fondateur de l’entreprise Everfly.

Miguel Leis, son associé – chercheur en entomologie à l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (IRBI) de Tours – qui pilote de son côté la recherche et développement (en partenariat avec le CNRS et l’Université de Tours), précise que « ces larves de mouche soldat noir ont de hautes propriétés nutritionnelles avec une forte teneur en protéines et offrent une excellente digestibilité ».

Vers une alimentation durable ?


Autre avantage de la production de protéines issues de larves, la moindre empreinte environnementale. « Nous travaillons en circuits courts, les larves sont nourries avec des bio-déchets et coproduits issus d’agriculteurs et industriels de la région », ajoute Miguel Leis. Grâce à la bioconversion, les farines d’insectes produites à partir de déchets locaux peuvent se substituer à la farine de poisson afin de limiter la surexploitation des ressources marines. 

Everfly a lancé sa phase R&D grâce aux soutiens de BPI France (Lauréat Bourse French Tech Emergence), de la région Centre-Val de Loire et de l’Etat dans le cadre du dispositif France 2030 régionalisé, et de la Technopole d’Orléans via le dispositif TT BOOSTER qui accompagne la start-up dans la valorisation de ses travaux de recherche. La start-up est aussi adhérente du cluster Agreen Tech Valley.

L’entreprise envisage une levée de fonds dans les six prochains mois afin de financer le développement de partenariats commerciaux, le passage à l’échelle pilote, le développement et la mise sur le marché de ses produits.

Au sein de Village by CA Food Val de Loire, l’entreprise a trouvé un réseau de partenaires lui permettant d’envisager la poursuite de ses différents objectifs « Nous sommes au cœur d’un écosystème très performant où tous les acteurs travaillent ensemble sous l’impulsion de la CCI 41 », se félicite Issa Mourifie qui a déjà recruté ses deux premiers salariés.

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Everfly bénéficie notamment du soutien de la région CVL et de la Technopole d’Orléans. Photo Jean-Luc Vezon

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